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Un baiser tragique, 1385

21 août 2024
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 oct.


Getty Images

 

  Le Saint-Empire romain germanique règne de loin sur l’Italie du Nord. Ses empereurs sont puissants, mais aucun ne vient trancher les querelles des cités. À Vérone, en Vénétie, deux familles de la même contrée mènent une guerre sans merci afin d’accéder au pouvoir. La famille des Capuleti souhaite prendre les rênes du pouvoir et étendre son influence politique, culturelle et militaire à toute la Vénétie. Mais la famille des Montecchi est convaincue que seul un membre de sa famille en est capable. Seul un membre de sa famille peut gérer le commerce de la Vénétie, et gouverner cet État. Comment concilier les deux familles à Vérone, la Constitution n’existant pas ? La guerre est déclarée. Chaque famille cherche le soutien et l’approbation de la sainte Église. Les enjeux sont colossaux, et l’absence de constitution empêche d’élire un représentant. Les Capuleti ont une fille unique nommée Giulietta. Elle reçoit une éducation digne de la noblesse grâce à sa nourrice. Les Montecchi ont un fils Romeo qui est fou amoureux de Rosaline, la cousine de Giulietta. C’est le seul lien qui existe entre les deux familles qui se disputent Vérone, l’ensanglantée.

  Un soir, les amis de Romeo, des Véronais, apprennent que les Capuleti organisent un bal en l’honneur de leur fille Giulietta. Il est temps de lui trouver un parti, elle doit rencontrer un homme. La nourrice de Giulietta, sa confidente, en est consciente. Giulietta est en âge de trouver un époux. Des rumeurs circulent, les Véronais jacassent beaucoup. Seront-ils gouvernés par un Capuleti ou un Montecchi ? Les amis de Romeo informent ce dernier du grand jour. Les préparatifs commencent dans le grand palais des Capuleti. Le bal approche, et c’est l’occasion pour Romeo Montecchi de revoir Rosaline, la cousine de Giulietta qui lui manque tant.

  Le jour du bal, au coucher du soleil, les invités se pressent vers le palais des Capuleti. Romeo est présent. Les flambeaux brûlent sur la grande allée. Le grand lustre du palais brille de mille reflets. Romeo pense à Rosaline en marchant d’un pas cadencé. C’est la plus belle femme de la Vénétie. Comment s’est-elle habillée ? Quel parfum porte-t-elle ? Alors qu’il approche du palais, sur le balcon, une femme observe tranquillement les invités entrer dans le grand palais. Romeo la remarque. Elle est d’une beauté inouïe, sa chevelure arrive jusqu’au dos, les effluves de son parfum l’envahissent, ses yeux sont d’un bleu de velours, sa robe de soirée est magnifique, rose et doré. Romeo l’inconstant, Romeo l’influençable, Romeo, celui qui cherche toujours mieux ! Sur le balcon, Giulietta lui esquisse un sourire. Qui est cette femme ? Le cœur de Romeo se fend, son cœur vacille. Il veut connaître le prénom de cette femme.

  — C’est une Capuleti, Romeo ! l’informe frère Lorenzo lors de la confession.

  — Une Capuleti ! s’étonne Romeo. Nos familles se font la guerre, enfin ! Comment est-ce possible ? Je n’obtiendrai jamais l’autorisation du Très-Haut pour courtiser cette femme. Et, mon frère, comment s’appelle-t-elle ? demande Romeo.

  — Giulietta ! Giulietta Capuleti ! C’est son prénom, répond gentiment le frère franciscain. Une union est possible entre vos deux familles si tu courtises Giulietta. La guerre entre les Montecchi et les Capuleti serait alors terminée. La Vénétie serait bien gouvernée, et Vérone ne serait plus ensanglantée. Tu comprends, Romeo ? Mais tel que je te connais, tu es inconstant. La fidélité n’a jamais été ton point fort.

  — Mon frère ! Je me confesse ! J’ai été infidèle, mais cette femme fait vaciller mon cœur ! Je dois agir, je souffre déjà de ne pas la voir, se confesse Romeo.

  — Si Giulietta et toi concrétisiez votre amour l’un pour l’autre, nous pourrions célébrer le mariage en secret dans l’église. Enfin la paix règnerait entre les Capuleti et les Montecchi.

  — Mon frère ! soupire Romeo. Je vous aime, frère Lorenzo. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, conclut Romeo.

  Quelques jours ont passé. Un semblant d’ordre règne en Vénétie, et Romeo est l’époux secret de Giulietta. Malheureusement, lors d’une rixe, Romeo a tué Tybalt, le cousin de Giulietta. Il est banni de la ville. Mais comment faire pour emporter Giulietta ? Le frère franciscain Lorenzo propose à Giulietta de boire une potion qui la rendrait inanimée quarante-huit heures, et d’en informer Romeo dans une lettre. Crue morte, Giulietta sera déposée dans le caveau des Capuleti. Romeo reviendra à son réveil la récupérer pour s’enfuir à Mantoue. Un matin, la nourrice entre dans la chambre de Giulietta et la retrouve inanimée, comme morte. Les obsèques se déroulent dans la plus grande intimité selon le plan du frère Lorenzo. Malheureusement, une épidémie de peste a envahi Vérone, et la lettre destinée à Romeo ne lui est pas parvenue.

  À son retour à Vérone, Romeo apprend la mort de Giulietta. Il décide de se rendre à la crypte où elle repose. Il est résolu à mourir sur la tombe de sa jeune épouse. Il boit une fiole de poison donnée par un apothicaire, et s’endort à jamais. Quand Giulietta se réveille, elle découvre à côté d’elle le corps de Romeo inanimé. Elle lui donne un dernier baiser avant de se tuer avec son poignard.

Alan Alfredo Geday

 
 
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