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New York, New York, 1954

12 août 2024
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 oct.


Getty Images
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  Frank Sinatra a laissé une trace indélébile sur la musique américaine. Sa carrière de plus d’un demi-siècle lui a valu des surnoms tels que The Voice ou The Sultan of Swoon. Si Frank Sinatra n’a jamais appris à lire la musique, il est devenu l’un des chanteurs les plus célèbres de la scène internationale. Mais connaissez-vous le vrai Frank Sinatra ?

  Ce soir, le chanteur est invité à se produire dans un appartement privé de Manhattan pour une riche famille de la côte Est des États-Unis. Frank Sinatra accepte l’invitation, le cachet est conséquent. Ce soir, The Sultan of Swoon chante pour un public restreint. Il se sent frustré face à ce maigre auditoire. D’habitude, les femmes qu’il paye cinq dollars de l’heure rendent les spectateurs euphoriques. D’habitude, on crie son nom, on se jette sur scène, on lui lance des signes obscènes et on lui propose des nuits lascives… D’habitude, la foule est en délire et bien alcoolisée. C’est la fête, c’est le jazz… Tant pis, il donne de la voix, accompagné par un pianiste. Il connaît chaque phrase par cœur, lui qui n’a jamais appris à lire le solfège. Est-ce vraiment important d’apprendre à lire la musique ? Dans ce pays, peu importe ce que tu sais, l’important est ce que tu fais ! C’est Autumn in New York qui résonne dans tout l’appartement au plus grand plaisir des invités. « Vous êtes mon artiste préféré ! » lui lance une bourgeoise. « Je vous suis où que vous jouiez ! » continue-t-elle de plus belle. Le chanteur lui adresse un sourire. Il apprécie les compliments. Mais il s’ennuie et allume une cigarette qu’il garde sur le rebord de ses lèvres. Il n’aime pas ce genre de réunion. Mais on ne refuse pas cent mille dollars pour quelques chansons, pour quelques odes tendres à la Grosse Pomme. Un homme s’approche du côté gauche pour le photographier. « Non, s’il vous plaît ! Pas de ce côté-là ! » s’énerve Frank Sinatra. L’homme à la cicatrice déteste être photographié du côté gauche qu’il camoufle avec du maquillage. Finalement, l’homme se place de l’autre côté pour immortaliser l’instant. Frank Sinatra entame The Brooklyn Bridge. Et les souvenirs remontent. Les rues et les délits qu’il a commis de l’autre côté de l’Hudson ! Toutes ces femmes qui ont partagé son lit ! Ces Américaines qui craquaient devant le fils d’immigrés italiens ! Frank Sinatra fait une pause et demande à boire.

  — Mais bien sûr ! lui dit la maîtresse de maison. Vous ne direz pas non à du Jack Daniel’s, je suppose ?

  — Mon préféré ! Deux doigts de Jack Daniel’s, quatre glaçons et une goutte d’eau, s’il vous plaît ! Il me faudra une serviette à cocktail car je ne touche jamais le rebord du verre.

  Frank Sinatra se rassoit. C’est un maniaque dans son propre monde. Il n’en a plus pour très longtemps. Quelques chansons sur New York encore, et il va rentrer chez lui, dans son appartement de la 19e Rue. Des sirènes retentissent en bas de l’immeuble. Les klaxons de taxis jaunes résonnent aussi. Ça, c’est son New York, sa ville, celle qu’il aime. Il entame New York, New York, la chanson d’Un jour à New York, sous les applaudissements des convives :

New York, New York, a wonderful town

The Bronx is up and the Battery’s down

The people ride in a hole in the ground

New York, New York, it’s a wonderful town


  New York, New York, une ville merveilleuse, comme le dit si bien la chanson…

Alan Alfredo Geday

 
 
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