Un homme sans attaches


Le Liban, mon pays natal, le pays de ma mère. Je le regarde par ses yeux. Nous avons quitté le pays pendant la guerre et je l’ai peu connu. Mais je garde en moi une partie du Liban. Le Nigéria, mon territoire d’enfance, le pays de la liberté et de la nature. C’est au Nigéria que je me sens chez moi. Les États-Unis, où tout est possible, où j’ai été ingénieur, où j’ai touché les étoiles avant de redescendre. Et enfin, la France, où j’ai fait mes études, où je suis devenu adulte. Le pays dont je suis amoureux.


La découverte des livres

« Il faut avoir le courage de se lancer dans la lecture d’un livre. Une fois que le seuil est franchi… tout arrive à temps », avait dit mon professeur de français. Je l’ai écouté, mais tardivement. J’ai découvert le secret des livres dix ans plus tard, j’étais déjà un homme, un homme sans doute inachevé pourtant. Alors, c’est devenu une maladie, c’est devenu une religion. Ma bibliothèque est sacrée, et chaque livre lu est irremplaçable.


La passion de l’Histoire

Mon premier voyage à Londres a été un voyage éclair. J’ai fait l’aller-retour dans la journée pour me procurer les œuvres complètes de Winston Churchill vendues par un mémorial. Quarante volumes que j’ai dévorés en quelques mois. Cela a marqué le début d’un parcours initiatique, et j’ai continué longtemps l’exploration des grandes vies et des grands faits de l’histoire moderne sans savoir si ma soif pourrait un jour s’étancher.


La bibliothèque de cœur

Alfred Doblin Berlin Alexanderplatz

Ernest Hemingway Le vieil homme et la mer

Israel Joshua Singer La famille Karnovski

William Styron Le choix de Sophie

Charles Dickens Les grandes espérances

Stefan Zweig La pitié dangereuse

Albert Camus Réflexion sur la peine capitale

Albert Cohen Le livre de ma mère

Emile Zola Le ventre de Paris


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